protection du chardonneret Le chardonneret, l’oiseau fétiche de l’Algérie .

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protection du chardonneret Le chardonneret, l’oiseau fétiche de l’Algérie .

Message par Makninebladi le Jeu 26 Juil - 16:05

Le chardonneret, l’oiseau fétiche de l’Algérie


*Kamel, 45 ans, éleveur de chardonnerets :

«C’est un mode de vie»

«Je suis
éleveur de chardonnerets depuis ma tendre enfance. C’est mon oncle qui
m’a offert mon premier oiseau. Je n’ai jamais cessé d’aimer ce
passériforme.




Maintenant, j’ai une collection de plus de 15 variétés. Je possède
deux chardonnerets originaires de Kadous, une branche qui est maintenant
inexistante. C’est le chant qui détermine la supériorité d’un
chardonneret sur un autre. Pour reconnaître un bon chardonneret, il
suffit d’écouter son chant. Celui-ci varie selon la région. A titre
d’exemple, le chant d’un chardonneret de Annaba n’est pas le même que
celui entendu à Alger. Moi je me régale chaque matin et avant le coucher
du soleil. Je considère mes chardonnerets comme mes amis.

On dit que je suis solitaire. C’est presque vrai. Je préfère de loin
rester avec mes oiseaux que de fréquenter des gens sans intérêt et
source de problèmes. C’est un mode de vie. Par contre, ce que je ne
cautionne pas, ce sont les activités maffieuses qui sont derrière la
disparition du chardonneret algérien. Maintenant, les réseaux
clandestins ramènent les oiseaux du Maroc. Mais pour les vrais
connaisseurs, un chardonneret qui ne sait pas chanter, ça ne vaut pas la
peine de le garder. Il est connu que ce sont les nôtres qui excellent
en matière de chant. Les nouveaux éleveurs incitent les chardonnerets
capturés au Maroc à copier le chant de Servati (forêt de Bouzaréah) et
de Kadous. Mais l’expérience donne la plupart du temps des résultats
négatifs. Ce que je peux conseiller aux futures générations, c’est
d’élever les canaris. Il est certain que ces derniers ne risquent pas
l’extinction.» (El Watan-08.08.2011.)

*[b]Fort
de son succès, le chardonneret est une espèce grandement menacée .Les
braconniers vont à l’ouest du pays pour s’approvisionner. Le
chardonneret a presque entièrement disparu. S’il est encore possible de
le trouver en vente le vendredi et le dimanche à El Harrach du côté de
Boumaâti, il reste difficile d’accès.
[/b][b] [/b]

[b][/b]

[b]*Braconnier, vendeur ou amoureux de l’oiseau le disent tous : « Le
chardonneret s’est presque éteint. Quelques vendeurs se risquent à
l’exposer à Bab El Oued en fin de journée, sûrs de trouver acheteur.
Mais ils ne sont pas légion et les quelques cages vides témoignent à
elles seules de l’extinction de l’espèce. Aujourd’hui, le chardonneret a
même disparu de la cage. »
Ceux qui en possèdent en captivité
peuvent s’en vanter car pour en acquérir c’est devenu difficile.
Acquérir un chardonneret du Kaddous ou de Dély Ibrahim est impossible.
Ceux qui se vendent aujourd’hui sur le marché viennent « du Maroc » ; en
fait, de la frontière avec le Maroc. Et sa réputation n’égale pas celle
du chardonneret de l’est du pays. Beaucoup de fléaux sont pointés du
doigt dont l’urbanisation galopante, voire même les changements
climatiques. Hocine, un amoureux du chardonneret, rappelle que l’un des
plus beaux chanteurs était celui provenant de la forêt de Baïnem.
[/b]
[b]
Aujourd’hui,
à l’emplacement même où les chardonnerets étaient capturés à la glu,
des tours AADL ont été élevées. Habitué des rues de Bab El Oued, où il
se gare sans crainte, Hocine explique : « Les gens ont peur de vendre
des chardonneret dans leur boutique. Ils mettent en devanture des
canaris et des perruches, et les chardonnerets sont dans
l’arrière-boutique recouverts, ou parfois ils se risquent à les mettre
en boutique, mais surélevés sur des étagères. Même si la vente n’est pas
interdite, ils préfèrent éviter les problèmes. Pour moi, les
chardonnerets, c’est ma passion. Les jours où je ne bosse pas, je sors
mon chardonneret avec moi à Bab El Oued. Il m’accompagne partout. Mon
frère, lui, en a trois, et il est capable de savoir d’où vient le
chardonneret à son chant. L’un des meilleurs est celui de la forêt de
Baïnem. Il a un chant magnifique. C’est une vraie drogue le chardonneret
quand on s’y intéresse. Mais aujourd’hui, ils ne savent pas le chasser.
Avant, on les prenait à la glu et on relâchait les femelles.
Aujourd’hui quand ils attrapent une femelle, ils la tuent pour être sûr
de ne pas la retrouver dans leur filet. »




L’information est confirmée par un vendeur situé à la place des Trois Horloges à Bab El Oued. « On
ne trouve plus de chardonneret. C’est fini en Algérie, il faut le
chercher du côté du Maroc, vers Maghnia. Sinon en Kabylie, et encore !
Car il faut être Kabyle pour pouvoir chasser là-bas. Et puis ceux qui
les attrapent s’en foutent. Avant ils tuaient la femelle, maintenant ils
la gardent et la vendent à ceux qui n’arrivent pas à les distinguer.
Ils disent que c’est un mâle ‘face femelle’, car il arrive qu’il ait le
plumage de la femelle, mais c’est rare. Pour eux, tout ce qui compte
c’est faire de l’argent. Et puis, il faut voir dans quelles conditions
ils les ramènent, ça fait mal au cœur. En une semaine, il peut en
ramener environ mille du côté de Maghnia. S’il va chasser vers Alger, il
en aura même pas une dizaine »
. Les modes de capture laissent par
ailleurs à désirer puisque peu de chardonnerets arrivent en vie à
destination. Plus de 50% des oiseaux emmaillotés dans les filets meurent
du stress lors du transport.


Mais cela
n’empêche pas les braconniers à poursuivre leur chasse. Car, l’argent
récolté de la chasse reste important. La demande est importante et le
restera, puisque le chardonneret se reproduit difficilement en cage,
sauf avec le canari. Le vif attrait qu’ont les Algériens pour l’oiseau
n’a cessé d’être important. Dans certains quartiers, on sort son
chardonneret comme on se promène avec un ami. La cage est soigneusement
posée sur le capot de la voiture ou accrochée à un clou à l’entrée du
café, le temps de la promenade matinale ou d’une discussion. Azzedine,
qui a un temps vécu à Bab El Oued, se souvient de cet homme qui
possédait un chardonneret qu’il avait en cage, mais dont la porte
n’était jamais fermée. « Il suffisait qu’il le siffle pour qu’il sorte de la cage et se pose sur son épaule. C’était incroyable », précise-t-il. Lui-même en a possédé et est persuadé que cet oiseau n’est pas comme les autres. « Le
chardonneret a des sentiments. Il sait si tu l’aimes ou si tu ne
l’aimes pas. Il peut mourir de chagrin parce que tu ne t’occupes pas de
lui. On a vu des chardonnerets refuser de se nourrir. Il est très
sensible, attention ! »,
déclare-t-il. Une sensibilité que les
braconniers n’ont pas, puisque de leur chasse où les techniques sont de
plus en plus affûtées et dangereuses pour l’espèce ne tiennent pas
compte du danger auquel l’espèce est exposée. C’est que le gain récolté
est important. Le chardonneret n’est, en effet, pas uniquement prisé par
la seule population algérienne. Tout le pourtour méditerranéen est
amoureux du chardonneret. Plus particulièrement l’Espagne et la France
où la demande est la plus importante.


Certains
spécimens sont vendus quelques centaines d’euros. Le chardonneret
albinos, tout blanc, coûte 500 à 1000 euros, selon les sources. Le
ramage est important, mais le chant également. Certains s’adonnent au
plaisir de leur apprendre des chants. Certains, comme le chardonneret de
Souk Ahras, est particulièrement prisé, puisqu’on lui attribue une
grande facilité à assimiler tous les répertoires. « Il existe
différentes méthodes pour faire apprendre un chant au chardonneret ; il
faut d’abord l’avoir jeune et on peut lui faire passer une cassette d’un
chant qu’on veut lui enseigner. Aujourd’hui, avec les nouvelles
technologies, on met le chardonneret dans une cage qu’on recouvre d’un
carton qu’on a incisé à deux endroits. Puis, on place des écouteurs MP3
qu’on laisse fonctionner toute la nuit. Chaque éducateur a sa méthode.
Grâce à son chant, un chardonneret peut être cédé autour de 50 000 DA.
Rares sont ceux dont les scrupules leur font abandonner cette activité
fort lucrative. J’en connais un qui les attrape. Il en avait attrapé une
grosse quantité qu’il a mise dans un couffin et recouvert d’une toile.
Il était content de sa ‘pêche’. Le lendemain, ils étaient tous morts, il
ne sait pas pourquoi ; mais depuis, il n’en a plus jamais attrapé un
seul »
, raconte Hocine. A défaut de miracle, des solutions sont
appliquées à l’étranger permettant de sauver l’espèce. Réglementer la
chasse ou créer les possibilités pour les accoupler en volière sont des
pistes sur lesquelles des amoureux et spécialistes se sont pourtant déjà
penchés. (El Watan-08.07.09.)


****[size=12]réseaux de contrebande des chardonnerets[/size]

Un commerce d’oiseaux très fructueux



La disparition
annoncée du chardonneret algérien peut nous révéler de nouvelles mœurs
d’une partie de la société, les jeunes entre autres. Des réseaux de
contrebande ont vu le jour pour …


Cela peut sembler
étonnant. Comment un oiseau ne dépassant pas les 20 cm peut-il être un
révélateur d’un changement social ? Le chardonneret est, dans ce cas, un
indicateur d’une conversion professionnelle. Des jeunes, qui autrefois
faisaient des petits boulots ou étaient au chômage, ont investi le
créneau de vente de ce volatile pour gagner leur vie. Mais à quel prix.
Un véritable crime contre la faune et la flore a eu lieu. Ne prenant
pas en compte les aspects de reproduction du chardonneret, les
chasseurs, les vendeurs, voire les acheteurs, ont malheureusement
contribué à sa disparition des forêts algériennes.
La filière de vente de chardonnerets a été investie par des hommes d’affaires.
«De véritables réseaux de chasse, d’acheminement, de vente en gros et au
détail, se sont constitués», nous indiquent des gérants d’animalerie.
Autrefois, les peuplades de chardonnerets étaient denses. Des millions
d’oiseaux de cette espèce de passériforme sillonnaient les massifs du
pays. Désormais, il est possible de mesurer l’ampleur criminelle de ce
commerce.


[b]Le chômage a poussé des jeunes à vendre des chardonnerets


La chasse sauvage et intensive a réduit leur nombre à quelques
centaines. Des poches subsistent encore dans les vallées de Souk Ahras,
de Béjaïa et de Collo. «Mais d’une manière générale, on peut dire que
l’espèce du chardonneret algérien est anéantie», regrette Nabil,
propriétaire d’une animalerie au quartier les Sources à Alger. Les
adeptes de randonnées témoignent. Ils indiquent qu’il est rare
d’apercevoir cet oiseau mythique. «De temps à autre, on peut le voir en
l’espace de quelques secondes, pas plus», affirme Adel, un électricien
habitant la localité de Bouchaoui.
Cette disparition s’explique également par la perturbation du cycle de
reproduction. Les chardonnerets nichent quatre fois par an. Les
nouvelles techniques de chasse sont barbares. A titre d’exemple, le
«croque-mort» consiste à planter dans le ventre d’une femelle un bout de
ferraille, qui par la suite est cloué a proximité d’une rivière. Les
chardonnerets mâles, trompés par le subterfuge, sont pris au piège.

Les éleveurs amateurs ne sont pas conscients de la manière utilisée.
Ils pensent que les chardonnerets sont capturés grâce à la technique de
la glu. Ce qui est loin d’être le cas. Une autre technique de chasse a
terriblement nui au cycle de reproduction : le filet ornithologique. En
l’accrochant des deux côtés d’une rivière, les jeunes chasseurs raflent
tout. Mâles ou femelles, jeunes ou vieux chardonnerets, la prise pouvait
compter pas moins de 20 oiseaux à la fois.
Une petite leçon d’historie s’impose pour comprendre ce qui s’est
réellement passé. Le chardonneret a de tout temps été un oiseau de
compagnie. Les maîtres de maison en ont fait l’oiseau préféré, car
détenteur d’un chant magistral et incomparable. «Les Nord-Africains ont,
à travers les siècles, élevé le chardonneret. Cette pratique est en
fait réellement ancrée dans la culture populaire des Maghrébins, plus
particulièrement chez les Algériens», explique Moha, 39 ans, éleveur
d’oiseaux.

«En Algérie, à partir des années 1980, un chômage endémique frappait
une majorité de jeunes. Certains d’entre eux ont eu l’idée de vendre les
chardonnerets, pour en faire un moyen de subsistance», analyse de son
côté Kheireddine, éleveur professionnel. Quant à la chasse, «au début,
elle concernait les mâles seulement. Plus tard, durant les années 1990,
le prix du chardonneret a doublé, alors qu’il était vendu à quelques
dinars durant la décennie précédente. Dire qu’il y 40 ans, le
chardonneret était offert en guise de bonne amitié».
Le commerce d’oiseaux devenu juteux, «des réseaux ont été créés», révèle
Nabil. «Les tenants de réseaux opéraient en toute saison. Les forêts
algériennes sont devenues des lieux d’enrichissement. D’autres se sont
spécialisés dans l’acheminement de ces oiseaux vers les centres urbains,
comme Alger, Sétif, Constantine et Annaba. En ce qui concerne la
capitale, c’est précisément La Casbah, El Harrach et Bab El Oued».
Pourtant, une loi interdisant la chasse du chardonneret existe. En
Algérie, elle est timidement appliquée. Pourquoi ne pas veiller à
l’application de cette loi, comme c’est le cas dans des pays européens ?
La chasse du chardonneret est sévèrement réprimée, notamment en Suisse
et en France. En Espagne, la chasse du chardonneret est programmée
chaque cinq ans. Et ce n’est pas n’importe qui peut y prétendre. Un
permis est obligatoire pour pouvoir en capturer.

Acheminement clandestin de chardonnerets marocains

Face à la forte demande, puisque le nombre d’éleveurs amateurs
augmente d’année en année, les réseaux se sont rabattus sur les
chardonnerets de nos voisins de l’Ouest. Au Maroc, on préfère les
canaris. Le chardonneret n’est pas aimé avec ferveur comme en Algérie.
Les forêts marocaines en comptent présentement des dizaines de milliers.
La menace d’extinction n’est pas d’actualité. A l’instar de l’alcool et
du cannabis écoulés sur le territoire national, «les réseaux de la
filière ont tissé des liens avec leurs semblables du côté marocain»,
nous explique Nabil. Le lieu de rendez-vous est bien sûr la frontière.
La Gendarmerie nationale communique parfois des chiffres sur la capture
de tel ou tel véhicule transportant des cages enfermant des
chardonnerets. L’espèce marocaine risque-t-elle pour autant de
disparaître ? Pas si sûr, les réseaux dans le royaume chérifien ont
conscience de la forte demande de chardonnerets en Algérie.

Sur ce point, «ils ne comptent pas mettre en péril la variété
locale», ajoute Mustapha, un autre connaisseur dans l’élevage de
chardonnerets. Et c’est par amour pour ce passériforme qu’ils sont
soucieux du maintien de l’espèce. Au lendemain de la première nichée, au
mois de mai, les chasseurs marocains passent à l’action. Selon des
spécialistes, «le chant des chardonnerets de la première naissance est
meilleur». C’est à cette période que les filières de chasse au Maroc
commencent leur sale besogne. Il suffit de faire un petit tour dans les
animaleries pour constater l’introduction en masse du chardonneret
marocain. «De quelle région est-il capturé ?» Ceci est généralement la
première question posée par les éleveurs. «De Kénitra (ville marocaine
située à 40 km au nord de Rabat)», nous répond Mourad, propriétaire d’un
magasin de vente d’animaux à Dély Ibrahim.
Généralement, le coût des chardonnerets sur les marchés oscille entre
7000 et les 15 000 DA. Les «demi-vieux», mot d’argot utilisé pour
désigner les chardonnerets ayant dépassé les 6 mois, se vendent entre
4000 et 5000 DA. Il y a quelques mois, le chardonneret du Maroc était
vendu de 600 à 800 DA. Aujourd’hui, il n’est pas cédé en dessous de
1500 DA. «Je vends les plus jeunes à 1800 DA et les demi-vieux à 2500»,
propose Nabil, le vendeur basé aux Sources. Le prix pourrait augmenter,
puisque les détaillants répercutent sur les oiseaux la hausse des prix
des aliments.
Les coups de folie sont légion dans les marchés de vente. Des
chardonnerets peuvent atteindre la bagatelle de 100 000 DA. Un éleveur
de Aïn Naâdja, véritable passionné, a échangé sa Golf série 4 contre un
chardonneret de Baïnem. Selon des connaisseurs, «c’est le meilleur
chanteur de tout le continent !
[/b]
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Re: protection du chardonneret Le chardonneret, l’oiseau fétiche de l’Algérie .

Message par BOURA Omar le Ven 27 Juil - 17:21

Essalem aalikoum,

Merci mon frère "Djamel" pour cet bel article sunny qui parle de l'amour et de passion envers cet Oiseau magique et Unique - le Braconnage et l’extinction de chardonneret -La vente illicite d'Oiseaux et leur raisons

En effet mon frère, un vrai passionné et Amoureux de Chardonneret de chant peux Acheter un bon chanteur à des prix inimaginable .

Amicalement Omar

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